samedi 7 décembre 2013

Voyages

Voilà bientôt cinq ans que je me nourris de nombreuses lectures et deux ans que j’écris très régulièrement sur ce qui me fait vivre. De temps en temps, il m’arrive de devoir voyager assez loin de mon domicile pour des raisons professionnelles. Le choix de mes lectures à emporter pour mes voyages est primordial. La plupart du temps, je me suis réservé un petit stock de livres que je crois captivants et que je vais pouvoir lire de façon continue et assidue dans l’avion ou bien le soir à l’hôtel. J’ai le souvenir des lectures passées qui ont été déterminantes dans l’accompagnement de mon évolution spirituelle dans ces occasions comme « Apprendre à vivre » de Luc Ferry en 2009, « Jésus de Nazareth » de Joseph Ratzinger en 2010, ou bien « Translation » ma première de découverte de Maurice Bellet en 2011,…
Le point, c’est qu’il ne faut pas que je me trompe sur la nature des écrits que j’emporte. Ils doivent être en phase avec ma maturité spirituelle du moment sinon ce serait un fiasco et une perte de temps. Si dans le passé, je lisais sur « des idées et des concepts philosophiques », sur « des histoires humaines », maintenant ce genre de lecture m’ennuie rapidement. J’ai beaucoup plus besoin de lectures sur la foi et sur l’expérience de la vie spirituelle. Ainsi cette fois-ci j’emmène le livre de Maurice Zundel à terminer « Quel homme et quel Dieu ? ». Ce livre correspond bien à mon aspiration du moment. Mais je m’inquiète : « Quel autre livre pourrais-je bien lire si je le termine ? ». Jusqu’à présent, j’ai toujours compté sur l’Esprit-Saint pour me suggérer les lectures qui me convenaient. Et l’Esprit-Saint s’est rarement trompé. Peut-être devrais-je maintenant me tourner vers des livres de poésies ou de prières comme le dernier livre de Michael Lonsdale : « Et ma bouche dira ta louange ».  

Je me demande si la prochaine étape ne serait pas le silence. Non pas le silence extérieur qui permet la concentration. Mais le silence intérieur qui accepte et se satisfait de l’absence de parole. Ne rien penser. Seulement écouter son cœur. C’est aussi une expérience d’humilité, de pauvreté, de libération et de désappropriation de son moi encombrant.

19 commentaires:

  1. Vous me semblez prête , Emylia, pour la méditation d'inspiration bouddhique que de plus en plus de chrétiens adoptent comme aide à la prière car elle est basée sur le souffle.(Pneuma= l'Esprit).
    Prête à l'abandon aussi, dont parle Alexandre Jollien dans son dernier livre. Je ne l'ai pas encore lu. S'il vous intéresse, vous trouverez facilement les références. Lui-même vit au Japon maintenant, je crois.
    Bon retour.
    Thérèse.

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  2. Bonjour Thérèse,

    Je suis revenue du Japon. J'ai effectivement terminé le livre de M. Zundel et j'ai commencé le nouveau livre de Christine Pedotti sur Jésus (acheté à l'aéroport juste avant de prendre l'avion de l'aller), livre de lecture agréable et facile et qui clarifie ce que l'on peut savoir ici et là sur le nouveau testament.
    Mes amitiés.

    Emylia

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  3. Emylia, Thierry Bizot arrêtant sa lettre du Samedi, nous étions un peu orphelins ,je dois dire que à la suite de son blog, je lisais souvent les commentaires signés emylia92. Donc merci d'avoir pris la relève pour nous faire réfléchir : profond et pas trop long...Marina

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  4. Merci Marina
    Que Dieu vous bénisse.

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  5. Chère Emylia,
    Je viens bavarder avec vous comme avec une amie à qui l'on peux tout dire.
    J'aime beaucoup vos billets que je lis et relis, néanmoins il y a un fossé entre nous.
    Disons qu'au niveau spirituel vous êtes en Polytechnique et moi à l'école maternelle. Je suis très, très loin de votre " maturité spirituelle. Votre "prochaine étape sera peut-être le silence". Veinarde!! Moi j'ai besoin de bequilles, de me nourrir spirituellement par les lectures qui me touchent profondement, et que je fais miennes. J'ai sous le coude "Premiers pas d'un apprenti chrétien", je le lis, je le relis, et j'en veux à Thierry d'avoir parlé au Seigneur avec mes mots.....A la page 205 du bouquin il y a la "Prière d'un tout petit", je la lis, la relis et suis émue. Pour mon plaisir, et peu^t-être aussi celui de ceux qui la liront je cite quelques passages:
    "Un jour tu es entré dans ma vie avec une délicatesse infie, tu as effleuré mon coeur, tu l'as touché pour toujours".
    "Tu m'as donné un chemin à parcourir; tu m'as honoré en me disant: "suis-moi".
    "Pardonne-moi si je me laisse distraire de toi sans cesse, par des pensées futiles, bêtes, mauvaises, sales, par d'inutiles plaisirs qui me rassurent, qui me freinent, m'entravent, me retardent, me tirent vers le bas".
    "Pardonne-moi s'il m'arrive encore d'avoir peur, de trembler si souvent, d'être épouvanté à l'idée de manquer, à l'idée de finir seul, à l'idée d'être critiqué, raillé, condamné, à l'idée de mourir, de souffrir????alors qu'avec toi je devrais aller tranquille, docile et confiant comme un tout petit dans les bras de son père.
    "Pardonne-moi si parfois je me crois plus fort ou meilleur que d'autres au prétexte que je te connais, en empruntant à ta puissance pour masquer ma pauvreté".
    "Pardonne-moi de faire si peu pour les autres, moi qui ai tant reçu".
    "Pardonne-moi d'être égoïsten lâche et vaniteux, alors que j'aimerais me croire généreux, courageux et humble".
    "Pardonne-moi de ne pas savoir prier correctement".
    "Pardonne-moi mes innombrables manquements et mon ingratitude sans cesse renouvelée"
    "Pardonne-moi de me révéler si misérable et décévant, alors que tu es venu me chercher, pour me sauver et me donner le goût de l'espérance".
    "Merci de m'avoir donné de te rencontrer".
    "Merci de m'avoir donné ce corps qui respire, ce coeur qui aime, ce cerveau qui réfléchit, cette âme qui a soif de toi".
    "Merci de m'avoir donné ces frères et soeurs qui cheminent en même tepmps que moi".
    "Merci de m'avoir donné ta parole, qui parvient jusque dans l'intimité secrète des coeurs, pour les transformer à jamais"......etc, etc, etc.

    Je ne m'en lasse pas de ces lectures, il me les faut, elles me nourrissent, j'en ai besoin, elles sont ma drogue!!!

    Vous constaterez, chère Emylia qu'une galaxie nous sépare. Ma prochaine étape à moi ce ne sera pas le silence, je suis si loin de là......

    Priez pour ma conversion, pour que j'offre au Seigneur le 24 décembre un coeur plus pur, plus aimant pour lui pour les autres.....
    Florence.

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  6. Très chère Florence P,
    Je vous remercie de la confiance que vous me témoignez. Je suis persuadée qu’il n’est pas possible de comparer entre nous nos expériences spirituelles relatives. En effet, à la différence du vrai monde, qui est un monde d’évaluation, de comparaison, de compétition, je ne peux croire que le seigneur mesure de façon absolue la sainteté de chacun sur une échelle de valeur objective. Sinon le risque serait immense de dériver dans l’orgueil spirituel qui est précisément l’écueil qu’il faut à tout prix éviter. Que Dieu me garde de tout pharisaïsme ! Notre vie spirituelle s’ancre au cœur de notre vie réelle. Et nous ne sommes pas maîtres du déroulement de notre vie réelle et des épreuves et tentations que nous avons à traverser et à surmonter. Notre résilience aux difficultés, comme notre résistance à la douleur et à la souffrance est subjective. « L’héroïsme chrétien » est un non-sens. Ce qui me semble compter avant tout, c’est notre prise de conscience de notre ignorance de Dieu à une certaine étape de notre vie et l’évolution spirituelle qui en a résulté. Je ne suis pas sure qu’une conversion fulgurante soit meilleure qu’une conversion lente et progressive. L’essentiel est d’être en chemin sans savoir forcément où on veut arriver. Au fur et à mesure que le temps de notre vie s’écoule, imposant peu à peu ses outrages au corps du « vieil homme extérieur », essayons de cultiver la croissance de « notre homme intérieur », le nouvel homme. Découvrons que malgré les peines, les souffrances, les maladies et les deuils, notre vie qui est un don divin vaut la peine d’être vécue, que la confiance et la joie sont cependant possibles et que nous en louons le Seigneur.
    Ô Seigneur, pardonne-moi de ne pas quitter ma famille pour te suivre car je me sens responsable de mes enfants et de mon époux,
    Ô Seigneur, pardonne-moi de ne pas vendre tous mes biens pour les distribuer aux pauvres car j’ai peur de la précarité. Donne moi cependant le courage de ne pas t’oublier dans mon égoïsme.
    Ô Seigneur, pardonne-moi de ne pas être aussi assidue que tu le souhaiterais dans la prière. Comme il est difficile pour un laïc d’équilibrer sa vie en une part active et une part contemplative.
    Oui seigneur, j’appartiens à cette commune humanité, qui est imparfaite car il est difficile d’être fidèle à l’esprit des évangiles.
    Pour ces raisons j’implore humblement ta miséricorde pour mes fautes et j’essaye du mieux possible de pardonner les affronts que mon prochain m’adresse parfois.
    Car je ne suis pas si différente d’autrui mon prochain, pas meilleure ni plus mauvaise. Nous avons tous les mêmes problèmes et les mêmes besoins. Je suis seulement comme tous mes frères et sœurs, chrétiens ou païens, un simple membre du corps du Christ comme vous tous.
    Seigneur, je prie pour que vous inspiriez le bonheur de la conversion à Florence, à l’occasion de cette période de Noël.
    Emylia

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  7. J'ai beaucoup aimé le billet de Florence. Je peux dire et redire aussi cette prière. elle me correspond tout à fait.
    J'ai aussi beaucoup aimé la réponse d'Emylia. En effet, il n'est pas question d'être en compétition ,ni de se comparer les uns aux autres. J'ai aimé aussi l'ensemble de ses réflexions pertinentes.

    Je comprends qu'après la lecture de Maurice Zundel on éprouve un grand besoin de silence. Il parle tellement de Dieu qui est en tout homme- même si celui-ci l'ignore-Dieu qui est " toujours déjà là", avant même que l'homme le cherche. Il est toujours question d'intériorité si bien que tout naturellement on éprouve le besoin de se taire , de méditer et d'adorer.

    Je suis comme vous, j'ai toujours besoin de lire un tas de choses à propos de Dieu.
    Toutes les deux, vous ne vous contentez pas d'entendre parler de Dieu, vous lui parlez directement et vous nous offrez deux belles prières, d'emprunt ou pas, peu importe.
    Merci.
    Thérèse.

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  8. Bonjour Emylia, Bonjour à toutes et à tous?

    "Comme il est difficile pour un laïc d'équilibrer sa vie entre une part active et une part contemplative" écrivez vous Emylia. Tous les jours, je rencontre cette difficulté, non pas que ma vie soit très active maintenant, mais tout de même assez pleine d'occupations quand mon corps "fonctionne" pour que je sente ce tiraillement.

    Il y a 18 mois à peu près, c'était plus simple. J'avais un temps de prière bien déterminé. A 20h30, je me retirais dans ma chambre et je priais pendant un long temps. Cela a été bon et nécessaire.

    Puis des lectures, le blog de Thierry et les réflexions des intervenants, une certaine insatisfaction de ma part aussi, m'ont emmenée à penser que les temps d'action et ceux consacrés à la prière étaient trop cloisonnés ainsi. j'ai quitté un certain confort pour laisser plus de place à la spontanéité.
    Y ai-je perdu? Parfois je crois que oui, je suis en équilibre instable, j'ai moins de calme en moi quand je prie. Mais je laisse plus de place aux autres, à commencer par mon mari qui m'a rejointe pour un petit temps de lecture de l'Evangile du lendemain (et un peu plus), le soir. Il n'est pas pratiquant, il ignore même s'il est croyant. Je laisse Dieu agir en Lui comme Il l'entend et le remercie pour les questions que mon mari me pose et les réflexions qu'il me livre. Je souhaitais ce dialogue depuis si longtemps!

    Je me reproche de ne plus avoir de vraie vie de prière, je la "case" tantôt ici, tantôt là., tout en sauvegardant un temps le soir, plus court qu'autrefois, Tout (trop?) plein des échanges du jour, des soucis... de ce qu'il faudra penser à faire le lendemain. Bref, c'est difficilement le silence!
    Ma prière est peut-être plus vraie ainsi, moins cérébrale? J'aimerais le croire, mais je cherche peut-ëtre à me consoler ainsi?

    "Si ton cœur t'accuse, Dieu est plus grand que ton cœur."St Jean.
    "C'est le temps que tu as passé avec ta rose..."Saint -Exupéry". C'est ce temps donné à Dieu qui compte peut-être?

    Pour être plus présente à Dieu durant ce temps, je me suis remise à relire pour une nième fois," Quel homme et quel Dieu?" grâce à votre billet. Un trésor!
    Une phrase du début m' a beaucoup frappée. Peut-être une réponse à votre question de la semaine dernière? Il faut que je la rumine encore avant d'y revenir.
    Bonne journée.
    Thérèse.


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  9. Bonjour Thérèse, bonjour à tous,

    Une phrase de Jésus me revient à l'esprit : "Il faut prier tout le temps !". En fait si on réfléchit bien, lorsque nos pensées et actions quotidienne sont inspirées par Dieu, que nos dispositions sont tournées vers lui en permanence sans réciter explicitement une prière avec des mots bien définis, ou sans aménager un temps spécial dédié, nous sommes probablement en l'état de "prier tout le temps".
    Est-ce que c'est cette attitude que Jésus prônait ?
    Bonne journée et mes amitiés.

    Emylia

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  10. Je réponds: oui certainement. Mais" Il se retirait (aussi) pour prier" dans la montagne ou ailleurs, en tout cas à l'écart. Il se levait à l'aube pour prier ou passait même la nuit entière en compagnie de son père, loin de ses amis ou des foules.Il puisait sa force dans ces moments d'intimité. Avant de prendre une décision importante, comme le choix des apôtres, il priait.
    Avant sa vie publique, il est allé 40 jours dans le désert.

    Ce qui souligne aussi le fait que pendant 30ans, il a mêlé vie de travail et vie de prière à Nazareth, comme nous sommes emmenés à le faire. Cet exemple avait beaucoup frappé Charles de Foucauld.
    Autrefois on disait plus souvent: le travail est une prière. Cela reste vrai, je pense.
    Une simple petite phrase comme " Seigneur aide moi." ou" Réconforte un tel" dit au milieu de nos occupations nous permettent de garder le contact avec notre source qu'est Dieu.

    Dans la suite de ce que j'écrivais ce matin, et pour dire le rôle positif qu'ont eu pour moi les échanges entre internautes, je relève ceci du livre de M.Zundel. (ce n'est pas la phrase que je dois "ruminer" et que je citerai sans doute

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  11. Il m'est arrivé un petit accident.
    Voici cette phrase, page 53 dans mon édition: Quel Homme et quel Dieu de M. Zundel.:
    "...Dans cette perspective, Dieu plutôt que celui qui commande, limite, menace et punit en s'imposant à nous du dehors, nous apparait comme quelqu'un qui nous entraîne du dedans vers notre vrai moi".

    Vous m'avez aidée, sur les blogs, à aller vers cette évolution.
    Il me faut rentrer encore plus en moi-même, non par narcissisme, mais pour être dans ma maison quand Dieu vient me rendre plus spécialement visite et "demeurer chez moi"
    Et pour ça, je dois faire davantage silence dans mes pensées etc...C'est ce que je ressens.
    Amitiés.
    Thérèse.

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  12. Vous avez raison. Dans cette lecture, j'ai retenu l'adjectif oblatif que je ne connaissais pas. M Zundel parle du "moi oblatif" qui s'oppose au "moi narcissique".
    Comme la langue française permet d'exprimer des nuances très subtiles !

    Emylia

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  13. Pour ceux d'entre vous qui sont inscrits à la retraite l'Avent dans la ville" ":http://www.aventdanslaville.org/
    ce sujet du silence, je viens de le voir, est justement traité aujourd'hui. Silence dans la prière pour écouter Dieu parler.
    Thérèse.

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  14. Bonjour!
    A cause d'impératifs imprévus, je ne pourrai pas, aujourd'hui essayer de tirer les conclusions qui me paraissent découler des réflexions du 1er chapître du livre de Maurice Zundel "Quel Homme et Quel Dieu"; Idées sur lesquelles il revient de nombreuses fois par la suite.
    Mais, il n'est pas nécessaire d'avoir lu le bouquin pour penser aux attitudes à privilégier, selon ces réflexions, dans l'action d'évangélisation. Chacun peut en juger par lui-même:

    "C'est pourquoi on ne peut concevoir une action spirituelle et, tout particulièrement un enseignement religieux qui ne viserait pas à être reçu du dedans comme la réponse à une attente intime qu'elle éveille en la comblant."

    A propos de Jésus, il parle du pouvoir "qu'il possédait d'atteindre ses auditeurs à la racine de leur être, en suscitant en eux un regard nouveau sur eux-mêmes"

    Ne sommes nous pas appelés à imiter Jésus le plus possible dans cette attitude -surtout quand nous souhaitons le faire connaître- ? Montrer à l'autre la grandeur qui est déjà en lui et ses possibilités de croissance?

    Thérèse.


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  15. Bonjour Thérèse,
    Ce livre de Maurice Zundel n'est pas facile cependant il mérite d'être lu plusieurs fois. Je vais recommencer sa lecture car je n'en ai pas d'autres lectures d'aussi profondes à lire en ce moment. Je vous promets de commenter vos conclusions pour en discerner l'essentiel.

    Vous soulevez la question de l'opportunité de l'enseignement religieux : doit-il être dispensé qu'après que les personnes aient atteint une maturité suffisance ou bien doit-il
    initier une transformation intérieure. Dans ce cas il se doit d'expliquer clairement à l'intéressé l'objectif de cet enseignement, par sincérité : "combler une attente intime inconsciente".

    Imiter Jésus dans l'attitude d'enseignement me semble inatteignable, tant est grande la finesse de son esprit, tant est grand son discernement qui l'empêche de tomber dans les pièges tendus par ses détracteurs.
    Il est vrai que de toute façon c'est l'esprit saint qui est à l'oeuvre en matière d'impact de cet enseignement. Nous ne nous contentons que d'être les ouvriers de l'ouvrage.

    Emylia

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  16. Vous vous posez les questions que je me pose aussi.

    Non, je ne pense pas qu'il faille attendre que les personnes aient atteint une maturité suffisante. J'ai enseigné le catéchisme durant 16 ans en paroisse. Pardon de parler ici de mon expérience personnelle. Je me souviens en particulier d'une fillette très timide. Le prêtre connaissait la famille et m'avait prévenue: " Cette petite vit des choses difficiles, son père est violent. Il s'en prend parfois physiquement à sa famille. Sois attentive"

    J'avais consacré la rencontre suivante à faire dire à chacun la qualité qu'il pensait avoir et à l'écrire sur un papier. Pour ceux qui n'avaient rien écrit, je leur disais: "j'ai remarqué tel comportement chez toi, tu as donc telle qualité."
    La petite dont je parlais n'avait rien écrit, je lui tiens donc le même discours, vrai. Son sourire quand je lui ai dit quelle était sa qualité à mes yeux m'en a dit très long sur son besoin de reconnaissance.
    C'est une des rencontres de catéchisme dont je me souviens le mieux, car j'avais senti les enfants heureux. Je n'enseignais pas seulement un savoir ; nécessaire- mais j'avais réellement senti que j'annonçais une Bonne Nouvelle:^" Vous êtes tous aimés comme vous êtes. (Ce que j'avais du mal à croire pour moi-même, d'ailleurs! Pour moi, c'est la bienveillance du prêtre qui m'apportait cette nouvelles...et les enfants )

    j'ai enchaîné en disant que si moi je pouvais voir leurs qualités, Jésus le pouvait infiniment mieux puisqu'il voyait le fond de leur cœur et qu'il voulait les aider à grandir.
    Que chacun sache quelle immense valeur il a pour Dieu, cela me semble primordial;
    Autrefois on disait: "Pour bien enseigner l'anglais à Jean, il faut aimer l'anglais et il faut aimer Jean."Je ne sais si c'est vrai pour l'anglais, mais c'est certainement vrai pour l'évangélisation.

    On ne peut aimer tout le monde dans le sens sentimental. On ne peut pas non plus voir le fond des cœurs comme Jésus. Ce qui nous est demandé en matière d'amour, c'est vouloir que l'autre soit, qu'il vive et fasse fructifier au mieux ses talents.
    Nous semons et la suite, c'est l'affaire de Dieu, comme m'avait dit ce prêtre.

    Je suis d'accord avec vous pour expliquer clairement l'objectif de nos paroles. Il faut être honnête. Mais dire à quelqu'un qu'il a de la valeur , quand le contexte s'y prête, est toujours une bonne attitude et fait du bien en toutes circonstances;.

    Voilà un peu comment je comprends ou crois comprendre les réflexions de M. Zundel. Il allait lui-même plus en profondeur en tant que prêtre certainement., comme il est dit dans la préface.

    Merci pour cet échange qui me permet de préciser pour moi-même ce que j'ai dans ma petite tête.
    Thérèse


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  17. Bonsoir Thérèse,
    Vous avez raison de nous faire partager votre expérience de catéchèse car personnellement je n’en ai pas. Et sans la pratique d’une expérience enrichie par les relations humaines sur ce sujet, mes considérations risquent d’être bien abstraites comme dans mon article de la semaine précédente sur l’évangélisation de rue (du 30 novembre).
    Vous avez raison d’aborder l’évangélisation en associant immédiatement une expérience ou une attente personnelle avec l’essence de la bonne nouvelle qui est l’existence de l’amour agape, l’amour en Dieu ou l’amour selon Jésus Christ donc selon la religion chrétienne.
    Aimer quelqu’un en Dieu, ce n’est pas seulement éprouver un sentiment psychologique. Ce n’est pas aimer pour soi-même (pour posséder un amour selon éros ou philia), mais aimer l’autre de manière désintéressée pour lui-même, parce qu’il a de la valeur à mes yeux : Il est porteur de la grandeur de la personne humaine qui lui confère sa dignité et donc lui donne toute sa valeur d’être respecté et aimé. Ce regard d’amour renforce la considération de cette personne sur elle-même (la confiance en soi et surtout le respect de soi-même comme créature de Dieu unique en son genre).
    Cependant la valeur d’être aimé n’est pas seulement en rapport avec à l’appartenance à la communauté des personnes humaines mais aussi et surtout à sa singularité dans ses qualités personnelles comme vous le soulignez justement à la jeune fille.
    Je comprends bien la nature de cet amour agape parce que je l’éprouve pour mes enfants. Je les aime, non seulement d’un amour maternel instinctif, mais surtout parce que je les admire, chacun dans sa spécificité, avec leurs propres talents, même avec leurs défauts, malgré tout le travail qu’ils me donnent pour préparer leur avenir. Ils sont irremplaçables.
    Après avoir posé l’existence de cet amour agape, alors on peut dire que c’est Jésus Christ qui nous a enseigné l’existence de cet amour qui dépasse toute morale. C’est parce qu’il était le fils de Dieu qu’il a su nous faire comprendre que la Loi de Moise était trop imprécise car elle laissait une confusion entre l’amour selon Dieu et les règles morales ou l’observance religieuse.
    Merci aussi de m’aider à définir le principe de l’évangélisation.
    Emylia

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  18. Complètement d'accord en tout point, Emylia.
    Je n'ai pas non plus d'expérience en évangélisation de rue et je ne saurais comment en parler.
    Je vous souhaite un très bon week-end.
    Thérèse.

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Emylia