Pendant longtemps j’ai considéré cette
fête du Noël chrétien comme un peu dépassée, simpliste et commune :
« Pourquoi s’émerveiller devant un petit nouveau-né, entouré de ses parents,
encadré par quelques animaux de ferme dans une étable
rudimentaire ? ».
Ce n’est qu’en ayant compris la portée
de cette humble scène que ma perception en a été bouleversée. Quel Dieu ose
assumer la condition humaine avec toutes les étapes de la vie, de la naissance
jusqu’à la mort, ne s’épargnant ni les épreuves ni les souffrances. Il faut
l’aimer cet homme pour en accepter toutes les humiliations afin de pouvoir
racheter ce qui mérite d’être sauvé.
En effet, nous sommes bien trop
faibles de chair pour être capable d‘accomplir seul la Loi divine. Alors plutôt
que de perdre toute l’humanité, Dieu lui donne son fils. Le verbe se fait
chair. Grâce à cette incarnation, pour certains d’entre-nous qui seront
suffisamment attentifs et ouverts, nos yeux vont s’ouvrir et voir la lumière,
nos oreilles vont entendre la parole, nos pieds et jambes nous faire marcher
droit sur le chemin de la justice et de la vérité.
Mais revenons à Noël. Cette
journée mémorable est une invitation à l’humilité et aussi à la reconnaissance
de la présence. Et je ne peux m’empêcher de penser que de la fragilité va
survenir une puissance non-violente d’amour qui traverse les siècles et les
millénaires pour m’atteindre jusqu’à ma petite vie. Ce jésus qui semble si
lointain historiquement m’interpelle aujourd’hui dans ma propre vie pour que je
le suive. Il s’instaure une vraie relation interpersonnelle par la prière. Aujourd’hui
je ne parle plus d’un personnage nommé Jésus mais je m’adresse directement à sa personne en
lui dévoilant sans crainte mon intimité spirituelle. Alors Noël n’est plus une
commémoration mais devient une réalité de ma vie présente.
