Voilà, je viens
d’achever le dernier livre de Maurice Bellet. Toujours aussi percutant. Mais
cette fois ci très court. Tout au long de la lecture, il me semblait que je
saisissais ce que voulais dire l’auteur, bien que les phrases et les mots pris
analytiquement semblaient échapper au sens que j’essayais de leur attribuer. Il
est très difficile de faire une analyse de texte de Maurice Bellet. Aussi, si
je voulais résumer précisément le contenu de ce livre, j’aurais quelques
difficultés à être précisément fidèle. Mais tant pis, je m’y risque. Mon
lecteur saura peut être percevoir au delà de la maladresse de mes expressions,
le sens de cette parole qui me dépasse.
Il y est question
de la foi en l’homme à laquelle les événements que nous vivons rendent cette
croyance bien difficile à tenir, voire utopique ou naïve. Mais en persévérant à
s’y tenir, en dépit des apparences de cette source noire manifeste de la
violence qui engloutit tout, même ceux qui voudraient y résister, alors peut être
que se produit une rencontre inattendue qui permet de résister au pessimisme
ambiant auquel il est difficile de ne pas communier. Cette étrange rencontre se
produit sur un chemin de traverse qui débouche sur cette prodigieuse naissance
d’humanité en soi. Cette attitude héroïque est bien fragile face aux forces de
destruction qui peuvent la balayer d’un revers de main. Mais c’est précisément
parce qu’une autre source de vie jaillit au cœur de l’humain demeuré hors de
toute contamination de la destruction et de la mort, que la métamorphose de
l’homme devient possible. De cette métamorphose paraît cet amour inconditionnel
pour le prochain, y compris aux malheureux qui sont pris dans les mailles du
filet de la destruction. Comment se peut t’il que l’homme dépasse ses propres
faiblesses pour défier avec conviction et puissance de vie, les forces de la
mort ? Le mystère est bien là. Autant changer l’homme en se changeant
soi-même.
« Seul l’homme est garant de l’homme, dans la
dimension que nous avons dite. La foi en l’homme ne se résigne jamais, et il
est toujours possible d’agir. »
Emylia