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mercredi 12 mars 2014

Quand l’amour soutient la confiance

L’amour est là, on le ressent. Pourtant naïvement, on n’imagine pas que sa source puisse être plus profonde que soi. Il vient d’un Autre dont le flux nous pénètre, nous imprègne et nous dépasse. Ce mystérieux courant ne fait que de passer par notre cœur, pour atteindre celui de nos frères et sœurs humains. Confrontée aux multiples expériences, exposée aux nombreuses déconvenues, soumise aux épreuves, la confiance hésitante, est parfois bien érodée, laminée, lessivée. Mais l’amour a toujours réussi à la maintenir à bout de bras, quoi qu’il arrive. Comment ce miracle est-il possible ? Parce que l’on ignore que l’espérance, cette inconnue est aussi présente. Elle est si discrète, qu’elle se fait à peine remarquer. Un jour de traversée d’un long désert ou d’une nuit profonde, à la grande surprise d’un cœur assoupi ou engourdi, les deux sœurs de l’amour et de l’espérance ramènent leur sœur de la foi. À elles trois, elles ressuscitent la confiance hésitante en confiance joyeuse indéfectible, celle qui soulève les montagnes. Alors, tout devient possible.

Emylia

samedi 22 février 2014

Amour de Dieu, Amour en Dieu


Ce qui importe, c'est la foi agissant par amour. (Ga 5,6)

La langue française est très riche et pour exprimer une chose, une idée, un concept, un grand nombre de mots synonymes sont disponibles. Pourtant s’il est un mot dont l’utilisation multiple en toute situation en galvaude le sens, c’est bien le mot Amour. Il y a tellement de types d’amours différents, parfois totalement incompatibles, voire contradictoires.
Alors comment expliquer et comprendre la signification de l’expression « Amour de Dieu et Amour en Dieu », qui évoque une relation avec l’invisible. Faut-il vivre ou être dans une situation particulière pour l’éprouver et le ressentir ? 

Un philosophe chrétien (Guy Coq) a écrit que le Créateur a mis au plus profond du cœur de l’être humain, le désir fondamental et de le découvrir et de l’aimer. Cependant ce désir essentiel est habituellement masqué par une multitude de désirs secondaires. Ce n’est qu’au prix d’un travail personnel, en écartant peu à peu l’expression de nos désirs factices, que l’on parvient à entendre l’appel intérieur, pour révéler ce désir essentiel, et accueillir en toute reconnaissance, le don de la Foi.
Mais quand cela se passe t’il dans une vie ? Combien de temps faut-il attendre ?

Est-il nécessaire d’avoir expérimenté l’expérience de l’amour humain ? Avoir connu le bonheur de connaître l’amour maternel, paternel dans sa jeunesse ? Avoir expérimenté la joie de l’amitié qui partage ? Avoir vécu la félicité de l’amour conjugal solidaire et bienveillant dans le couple ? Et même si aucune de ces conditions de l’amour humain n’est rencontrée, certains parviennent tout de même à connaître Dieu ! Comment ce miracle s’explique t’il ?

Probablement ont-ils découvert cet Amour divin au travers d’une rencontre d’un prochain habité intérieurement par une bienveillance surnaturelle portée par la Foi. La Foi authentique et sincère est-elle contagieuse ?

Alors bien-sûr il est très profitable d’accompagner cette découverte de l’amour de Dieu, de la lecture des Écritures Saintes, et plus particulièrement de celle des Évangiles. Cependant, je ne saurais vraiment croire que seule une lecture intellectuelle, sans expérience de la vie, révèle véritablement l’amour divin.

À moins que le miracle ne s’opère par l’intercession du Christ, le Dieu vivant qui s’est incarné dans notre chair pour nous adresser à chacun personnellement sa parole et qui continue d’agir par son esprit en nous, les baptisés de son église-corps mystique.

Emylia

samedi 15 février 2014

Dans le silence de ce jour naissant...

Je vous propose pour demain matin (et tous les jours que vous voudrez) une prière que j'aime beaucoup.

Thérèse


Prière du matin


Seigneur, dans le silence de ce jour naissant,
Je viens te demander la paix, 
La sagesse, la force.
Je veux regarder aujourd'hui le monde,
Avec des yeux tout remplis d'amour,
Être patiente, compréhensive, douce et sage.
Voir au-delà des apparences,
Chacun de tes enfants comme tu les vois toi-même,
Et ainsi ne voir que le bien en chacun.
Ferme mes oreilles à toute calomnie,
Garde ma langue de toute malveillance,
Et que seules les pensées qui bénissent, 
Demeurent en mon esprit.
Que je sois si bienveillante et si joyeuse,
Que tous ceux qui m'approchent,
Sentent ta présence. 
Revêt moi de ta beauté,
Seigneur,
Et qu'au long de ce jour, 
Je te révèle.
Amen


anonyme de 1945



mardi 24 décembre 2013

Nativité




Pendant longtemps j’ai considéré cette fête du Noël chrétien comme un peu dépassée, simpliste et commune : « Pourquoi s’émerveiller devant un petit nouveau-né, entouré de ses parents, encadré par quelques animaux de ferme dans une étable rudimentaire ? ».
Ce n’est qu’en ayant compris la portée de cette humble scène que ma perception en a été bouleversée. Quel Dieu ose assumer la condition humaine avec toutes les étapes de la vie, de la naissance jusqu’à la mort, ne s’épargnant ni les épreuves ni les souffrances. Il faut l’aimer cet homme pour en accepter toutes les humiliations afin de pouvoir racheter ce qui mérite d’être sauvé.
En effet, nous sommes bien trop faibles de chair pour être capable d‘accomplir seul la Loi divine. Alors plutôt que de perdre toute l’humanité, Dieu lui donne son fils. Le verbe se fait chair. Grâce à cette incarnation, pour certains d’entre-nous qui seront suffisamment attentifs et ouverts, nos yeux vont s’ouvrir et voir la lumière, nos oreilles vont entendre la parole, nos pieds et jambes nous faire marcher droit sur le chemin de la justice et de la vérité.
Mais revenons à Noël. Cette journée mémorable est une invitation à l’humilité et aussi à la reconnaissance de la présence. Et je ne peux m’empêcher de penser que de la fragilité va survenir une puissance non-violente d’amour qui traverse les siècles et les millénaires pour m’atteindre jusqu’à ma petite vie. Ce jésus qui semble si lointain historiquement m’interpelle aujourd’hui dans ma propre vie pour que je le suive. Il s’instaure une vraie relation interpersonnelle par la prière. Aujourd’hui je ne parle plus d’un personnage nommé Jésus mais je m’adresse directement à sa personne en lui dévoilant sans crainte mon intimité spirituelle. Alors Noël n’est plus une commémoration mais devient une réalité de ma vie présente.


Emylia