« Frères !
Père, ce sont eux qui m’ont conduit jusqu’à toi !
Comment es tu
venu jusqu’à moi, sous quelle forme, derrière quel masque ?
Comment t‘ai-je
perdu ? Je me suis égaré. Je t’ai oublié.
Tu as parlé avec
moi depuis le ciel, les arbres,
Avant que j’aie
conscience de t’aimer, de croire en toi !
Quand as tu touché mon
cœur pour la première fois ?
Veille sur nous,
guide nous,
Jusqu’à la fin des
temps. »
Je ne connais rien de plus difficile que de dire franchement sa Foi à ses proches. Cette démarche ne se compare en rien avec le partage libre de ses pensées sur ce blog entre chrétiens anonymes plus ou moins avancés dans l’expérience de leur Foi. Avec nos proches, nous ne sommes plus anonymes, nous n’avons plus de masque pour nous protéger de remarques qui peuvent être sarcastiques et un peu blessantes sans être vraiment méchantes.
Je dois avouer que je suis plutôt
prudente et pusillanime dans l’affirmation orale de ma Foi en famille (et en
milieu professionnel, ce serait franchement inconvenant). Je suis plus proche
du timoré Saint Pierre que du téméraire Saint-Paul. Cela ne m’empêche pas
d’avoir une attitude cohérente avec ma Foi, en pratiquant seule ouvertement la
messe tous les dimanches et en participant à la chorale de la messe.
Le problème n’est pas tant de
parler de Dieu. Nous parlons tous beaucoup de Dieu. En effet notre fils aîné
s’intéresse à la philosophie. Nous écoutons souvent des conférences sur le
thème de la religion comme celles du philosophe athée André Compte-Sponville
très intéressantes sur le Christianisme. En particulier, il y a quelques
années, j’ai réappris avec le plus grand intérêt, ce qu’était vraiment le
Christianisme dans son livre « L’esprit de l’athéisme (pour une
spiritualité sans Dieu) ». Je dirais que la présentation du christianisme dans
ce livre m’a véritablement séduite et m’en a indubitablement rapprochée. Et l’esprit brillant de ce philosophe suscite toujours des discussions familiales passionnées.
Cependant nous n’avons pas tous le
même stade de perception de « qui est Dieu ». Comme le dit Pascal, il
y a d’une part le Dieu des philosophes (le grand horloger qui met l’univers en
marche) et d’autre part le Dieu d’Abraham, Isaac et de Jacob (le Dieu qui
s’intéresse à ma personne et qui m’aime).
Ma vie m’a conduite à percevoir
la présence du Christ peu à peu. Et ma philosophie humaniste s’est transformée
petit à petit en Foi chrétienne. J’ai fait l’expérience de Dieu en moi, de
façon assez similaire à Saint-Augustin qui après de longues années d’atermoiements, a
découvert bouleversé que finalement Dieu était à l’intérieur de lui et non dans
des cieux lointains comme il le croyait naïvement. Finalement la différence de
perception porte sur le Dieu que l’on éprouve en soi, celui qui aime, qui
s’oppose au Dieu des philosophes dont on parle comme d’un objet extérieur à soi.
Je comprends et je respecte ce décalage de perception. Il ne faut pas mettre la
charrue avant les bœufs. Lors des premiers frémissements de ma Foi, je n’aurais
pas aimé que l’on me balise trop mon chemin de Foi. Ma Foi était mue par une
exigence de liberté intérieure. J’ai préféré trouver moi-même ce chemin de Foi à tâtons en sans
interférence humaine extérieure. J’ai trainé en chemin, mais j’ai fait de nombreuses
découvertes. N’oublions jamais que la Foi est avant tout une conviction (croyance)
et non un savoir (pour Nainai). La Foi a besoin de s’appuyer sur des fondations
solides et ne saurait être une accumulation de connaissances de nature
culturelles (la culture religieuse ne vaut que si elle étaye la Foi et il faut
se méfier de trop d’encombrements qui cachent Dieu).
Mon tendre époux est plutôt dans le
discours sur Dieu. Et ce discours sur Dieu-objet des philosophes plutôt que sur
le Dieu de l’expérience intérieure m’ennuie maintenant profondément. Mon fils
ainé est dans un stade intermédiaire de Foi, enrichie de nombreuses lectures
que nous partageons. Sa fréquentation de cours de pastorale en lycée catholique
nous permet de discuter ensemble à cœur ouvert. Je perçois qu’il est en chemin
de Foi.
Dieu est entré dans notre famille, par notre second fils, actuellement collégien, un véritable don du ciel en amour, en joie, en gentillesse, en générosité et avec une brillante intelligence (comme dans le film "tree of life").
Et moi, j'ai été comblée de tout ce que le Seigneur m'a donné et je ne saurais jamais lui rendre suffisamment grâce.
Avec mes sœurs qui n’ont pas encore trouvé l’amour de leur vie (excepté celui de leurs enfants), je sais que je ne peux pas aborder ce sujet pour le moment.
Dieu est entré dans notre famille, par notre second fils, actuellement collégien, un véritable don du ciel en amour, en joie, en gentillesse, en générosité et avec une brillante intelligence (comme dans le film "tree of life").
Et moi, j'ai été comblée de tout ce que le Seigneur m'a donné et je ne saurais jamais lui rendre suffisamment grâce.
Avec mes sœurs qui n’ont pas encore trouvé l’amour de leur vie (excepté celui de leurs enfants), je sais que je ne peux pas aborder ce sujet pour le moment.
Je ne veux bousculer personne
dans l’expérience de sa Foi. Cette expérience personnelle, éminemment
respectable ne doit pas être infléchie extérieurement. Cependant je me tiens toujours
prête à offrir le témoignage oral de mon expérience si je perçois l’expression
d’un tel désir.
Emylia
Emylia