La messe est une longue prière se déroulant
immanquablement selon un cérémonial bien déterminé. Elle est structurée en
séquences pratiquement fixes, et d’autres variables quotidiennement comme les
lectures. Nous y retrouvons presque toutes les formes de prières que nous
pouvons pratiquer individuellement chez soi, la prière de louange, d’actions de
grâce, de lecture méditative, de méditation... Mais la messe est l’occasion
souvent seulement hebdomadaire (ou moins fréquente parfois), de pratiquer nos
prières en communion avec les autres fidèles et avec le prêtre, notre médiateur
humain auprès du Christ et de Dieu.
Elle peut sembler terriblement routinière, même si certaines séquences
varient comme les différentes lectures et surtout l’homélie qui recadre toutes
les paroles entendues sur notre expérience humaine vécue personnellement. On
comprend que la répétition puisse susciter parfois l’ennui. Mais que voulez
vous, une prière n’est ni un spectacle ni une séance d’instruction religieuse.
Cependant, plus on assiste à des messes, plus on pénètre la justesse de son
symbolisme sacré, plus on perçoit son importance.
Toute la finalité de la messe vise la séquence eucharistique au cours
de laquelle le prêtre énonce la très belle oraison eucharistique que nous
n’avons probablement pas l’occasion de prier seul chez soi. C’est à ce moment
là que le symbolisme religieux atteint son paroxysme.
D’une part, l’assemblée des croyants fait offrande à Dieu du fruit de
son labeur, matérialisé symboliquement par le pain et le vin, en signe de
gratitude pour tous les bienfaits reçus de la part du créateur. D’autre part le
prêtre rejoue symboliquement la cène du partage du pain et du vin par le Christ
où ce dernier tente d’expliquer à ses apôtres, le sens du don de sa vie pour le
rachat de l’âme de l’humanité. Les deux symbolismes se superposent et
s’interpénètrent pour conduire à la transformation du pain et du vin bénis par
Dieu sollicité par les offrandes, en corps et sang du Christ qui vont purifier
toute l’assistance, et renouveler ainsi la promesse du salut.
Dans la pratique, notre contribution aux offrandes est simplement
symbolique car peu d’entre nous ont un rôle direct dans ce travail de
production du pain ou du vin, contrairement aux paysans et moines d’autrefois.
Qu’avons nous personnellement à offrir à Dieu ? Nos plus sincères prières,
nos plus beaux chants, notre gratitude, notre confiance, notre amour, et un cœur plein
d’allégresse et de joie quand c’est possible.
Et aussi relire chez soi, tranquillement les différentes versions de
la prière eucharistique, méditer lentement le sens de chacune de ses phrases
est presque aussi beau que la prière du "Notre Père" !
Emylia