Va vers ce qui te donne d’être. Françoise
Dolto
Je parcours mes
notes sur la conférence de Maurice Bellet. Que de belles pensées sur le retour
du religieux et du spirituel. Je serais bien en peine d’essayer d’en donner un
résumé. Je préfère renvoyer à son excellent livre « l’explosion de la
religion ».
Que de pistes spirituelles lancées, dont les traces à peine esquissées deviennent chacune un chemin potentiel. Certaines d’entre elles ont provoqué en moi quelques échos résonnants que je rapporte ci-dessous.
Que de pistes spirituelles lancées, dont les traces à peine esquissées deviennent chacune un chemin potentiel. Certaines d’entre elles ont provoqué en moi quelques échos résonnants que je rapporte ci-dessous.
Je m’arrête un
instant sur ce thème des nécessités pour que la vie soit possible: «Il est vital pour l’homme d’avoir une
place dans un ordre des choses tel qu’il puisse exister ». MB ne parle
point ici de l’homme en général, mais concrètement de chacun de nous en
particulier, de tout temps de notre vie, de l’âge du nourrisson, de l’enfant,
de l’adolescent, de l’adulte jusqu’au vieillard à bout de souffle épuisé par
les épreuves.
Il ne considère pas
seulement la place sociale que nous occupons les uns ou les autres, selon nos
occupations, nos multiples rôles, ou pire de notre revenu mensuel, de nos
possessions ou comptes en banque, mais
d’un ordre premier dans lequel notre appartenance à l’humanité est pleinement
reconnue, et notre présence sur cette terre est parfaitement accueillie.
La place d’un être
humain est le lieu où il est attendu inconditionnellement, quelques soient ses
facultés intellectuelles ou morales. C’est en cette place particulière que
l’être humain peut lui même attendre quelque-chose qui peut se révéler à lui
personnellement.
De ce lieu plongé
dans l’obscure, il devient possible d’écouter une parole de ce qui nous est
décisif. Cette parole nous fait entendre
quelque chose d’assez inouï que le motif de croire est ce qu’on croit. Cette
chose là, il devient désormais hors de question de la perdre dans les méandres
de notre chemin d’humanité qui vient de s’ouvrir. La première attitude de cette
naissance d’humanité donne à entendre qu’en cet entre-nous il y a de l’amour,
c’est-à-dire la tendresse agape. Apparaissent alors les structures qui
permettent les échanges et des relations. Il devient alors possible de se
déplacer sans risque du point central tout en restant le même. Elle ouvre aussi
notre attention à ce qui nous a parlé au travers des Évangiles. D’ailleurs
selon MB l’ancien testament et le nouveau testament sont les mêmes textes
écrits autrement.
De ce lieu
dessinant un espace intérieur habitable, l’homme peut prendre appui sur un socle
fondateur, s’accrocher à un axe qui oriente, pour être protégé de la peur, des
fureurs, du chaos ou des ténèbres, d’être sauvé de la solitude et de la
perdition.
Nous sommes
héritiers de deux concepts contradictoires. Nous sommes terriblement tenaillés
entre d’une part la bénédiction initialement reçue et d’autre part, par le
déchirement meurtrier qui nous menace intérieurement et extérieurement en
permanence. Le véritable péché originel est là, dans cette furie du meurtre et
il n’a rien à voir avec un soi-disant péché de chair. Par meurtre, il faut le
comprendre dans le sens large comme toute forme de destruction de la vie, de
toute forme de création, des liens qui unissent les hommes entre-eux et avec la
nature.
Ce péché originel est
bien illustré dans plusieurs histoires dans les différents évangiles comme
celui de St Marc sur l’homme habité par un esprit impur. Il n’y a pas
d’explication de l’origine de la présence de cet esprit impur, de ces démons
qui nous habitent malgré nous pour mieux nous détruire. Nous ne sommes pas
coupables de leur présence, mais nous pouvons demander à en être délivrés. Là
résiste notre véritable responsabilité.
Notre faculté de résistance n’est autre que la foi qui
est notre puissance d’inventer dans le mouvement même de la foi, et ce même
dans la profondeur de la nuit.
Emylia