J’ai rarement
l’habitude d’évoquer l’actualité dans mes billets. Mais les événements
tragiques que nous venons tous de vivre m’ont plongée dans une profonde
sidération. Ces événements s’illustrent par le déchainement de la violence
absolue, autrement dit le mal absolu. Je suis restée des journées pétrifiée
devant les images sans parvenir à m’en détacher, alors que d’habitude j’arrive
facilement à m’affranchir de l’attirance multi-médiatique pour trouver le
silence et le calme intérieur capables de me ressourcer. J’ai conscience que
ces terribles épreuves ne sont pas terminées. La menace invisible continue de
planer ou de roder. Un crime à proximité de chez moi, dans le cadre de ces
affaires a été commis sur un chemin que j’ai souvent parcouru.
Mais aujourd’hui
une grande lueur d’espoir s’est levée dans notre pays, et dans le monde entier.
Des personnes de toute apparence ethnique, de toute confession ou sans
confession, de tout âge ou de condition sociale, sont entrées en communion pour
refuser cette violence absolue, ce culte de la destruction de la liberté, cette
course à l’anéantissement de la vie humaine. Ces personnes ont l’espérance de
croire qu’il est possible d’exiger le respect, la tolérance et l’amitiés entre
les hommes, au delà de nos différences. Cette espérance est d’autant plus
grande que notre jeunesse a été associée à cette croyance partagée qu’un monde
plus bienveillant est possible. Plus de cinquante chefs d’états ont été les
témoins de cet espoir populaire qui leur était adressé. Cet espoir exige aussi que
la violence absolue ne soit plus un business très lucratif pour certains, au
prix du sang humain.
Oui, nous venons de
vivre une journée de communion, laïque, républicaine, mais aussi œcuménique,
célébrant la liberté d’expression de tous. Pour respecter cette liberté, il
faut être en mesure d’accepter d’être éventuellement blessé par la parole orale
et écrite d’autrui dans l’expression de sa propre liberté. C’est à dire qu’il
faut renoncer à se sanctuariser, à surprotéger ce « petit Moi » qui
est capable de se froisser bien trop facilement. Il faut apprendre à accueillir
la colère ou la méchanceté d’autrui sans déployer inexorablement des
représailles. Il y a toujours une extrême urgence à nos débarrasser du mal qui
nous atteint au cœur, par un pardon inconditionnel qui nous purifie. C’est
ainsi que la paix d’abord, puis l’amitié ensuite peuvent se construire.
Rendons grâce aujourd’hui
pour l’énorme travail de l’esprit saint en nos cœurs de croyants ou d’athées qui
a réussi à en faire fonde la pierre ou la glace, pour en faire couler notre foi
en l’humain dans un immense fleuve d’espérance. Dieu s’est manifesté à l’humanité
pour lui indiquer un chemin de salut collectif possible.
Emylia
Merci Emylia pour ce bel article.
RépondreSupprimerHier, le mot Fraternité de notre devise républicaine a été mis à l'honneur d'une façon magnifique. On a vu des pancartes proclamer: "L'amour est plus fort que la haine"." Juifs, musulmans, chrétiens, nous avons le même Dieu". Un porteur de drapeau israélien et un porteur de drapeau palestinien se sont embrassés au milieu de la foule devant les caméras...Il y aurait tellement à dire sur tout ce qui s'est passé hier chez nous et dans le monde! Les policiers applaudis...
Que je sache, il n'y a eu aucun incident, aucun cri de haine, de rejet, de mépris bien au contraire. quel beau moment de grâce!
Je ne peux pas croire que ça ne débouchera sur rien de positif. La société civile a montré qu'elle voulait sortir de ces jours tragiques par le haut.
Mes sentiments restent mêlés ce matin: chagrin pour ces vies fauchées, compassion pour leurs proches et très grande espérance pour que ces manifestations de ces jours-ci, et notamment celles d'hier, débouchent sur la lutte pour la liberté de penser, de croire ou pas ,contre le racisme et l'antisémitisme, le rejet de l'autre en général et l'envie de blesser de rabaisser , d'humilier pour quelque raison que ce soit.
Mes bien pauvres prières sont tournées vers cela (que certains qualifieront sans doute d'utopie). C'est en tout cas ce vers quoi il faut tendre à tout prix.
Que Dieu nous en donne la force, à nous croyants de toute confession et aux incroyants qui croient qu'une vie de bonne entente entre communautés diverses est possible.
Bonne journée à tous.
Thérèse.
Remarquable billet.
RépondreSupprimerTout simplement merci Emylia,
Madeleine